Les trois Autels

L’église de St Priest les Fougères comporte 3 autels de toute beauté

En 1688, le visiteur canonique ne signalait que deux autels décorés sur les quatre existants, avec le projet de poursuivre la décoration des autres.

Chacun peut constater qu’aujourd’hui il n’y a que trois autels comportant un important programme de sculptures : le maître autel et ceux des transepts sud et nord, dédiés respectivement à saint Roch et à la Vierge.

Malgré les diverses restaurations, il n’est pas trop difficile d’estimer que les deux plus anciens autels sont ceux de la Vierge et de saint Roch, tandis que le maître autel, qui tranche par son style, semble être postérieur.

C’est à n’en pas douter l’un des principaux intérêts de cette église et la justification d’une visite qui ne décevra pas.

La qualité du travail du bois donne à penser que ce furent les seigneurs du lieu, qui firent exécuter ces œuvres, sans doute à l’extérieur.

Ces autels ont été classés aux monuments historiques le 18 février 1953.

Attaqués par des insectes xylophages, ils ont été traités et nettoyés en 2015.

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Le maître autel

C’est lui que l’on voit dès l’entrée.

Comme les deux autres, le bois de l’ensemble est sombre, sans doute le fruit d’un remontage et revernissage au XIXe siècle.

L’allure générale est inhabituelle et pourrait même faire penser qu’il est incomplet.

Quoiqu’il en soit, le dessus de l’autel ou retable est surmonté d’un fronton. Les quatre évangélistes sont représentés debout, de part et d’autre du tabernacle, de gauche à droite Mathieu et son ange (ou homme), Luc en compagnie de son bœuf, Marc et son lion et Jean avec son aigle.

Sous la table, le devant de l’autel est orné d’une représentation de la Cène. Autour d’une table ornée d’une nappe dont les franges descendent jusqu’au bas de la sculpture, le Christ préside au milieu des douze apôtres. Judas se reconnaît aisément : il tourne le dos au Christ et manipule une bourse.

L’artiste a interprété la Cène avec quelque peu de malice, représentant le Prince des Apôtres endormi, par exemple. Cette scène est encadrée de part et d’autre par une double volute, d’une rare complication, baroque dirait-on, avec angelots, feuillages, tournesols et roses en abondance. Peut être cette sculpture était-elle à l’origine dorée, car nous pouvons apercevoir sous le bois peint des traces dorées.

Pour terminer, remarquons que ces autels sont les témoins de riches dotations des seigneurs de Ribeyreix et de Béron d’Oche. L’inventaire de 1688 donnant un état assez peu flatteur de l’église et de son décor, on peut penser que ces autels, spécialement le maître-autel, sont postérieurs à la date de la visite canonique.

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L’autel et le retable de la Vierge

Transept nord, le retable de l’autel de la Vierge fait le pendant de celui de saint Roch.

Le remontage est plus apparent ici. les deux colonnes torses sont quelque peu différentes de celles de l’autre retable dans la mesure où, figurant aussi des treilles chargées de grappes et d’oiseaux, elles n’ont plus d’angelots, mais des serpents se lovant à sa base.

A part quelques différences évidentes, tel le fronton est une plus grande sobriété, c’est le même esprit qui a présidé à l’élaboration de ce retable.

Un écu aux armes des Ribeyreyx surmonte la Vierge en bois doré, qui porte encore l’enfant Jésus dans les bras, ce qui permettrait de la dater de la fin du XVIIe siècle.

A la révolution, elle fut jetée comme le reste du mobilier et des livres au feu, elle fut sauvée par la famille de Curmont qui la rendirent à la commune au 20e siècle.

Cette statue classée aux monuments historiques, a été restaurée en 2015.

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L’autel et le retable de saint Roch

Situé dans le transept sud, c’est un vaste décor, bien dans l’esprit de la fin du XVIIe siècle, avec ses deux grandes colonnes torses, treilles exubérantes chargées de généreuses grappes, où montent et descendent angelots et oiseaux.

Entre les colonnes, un cadre orné de fleurs, marguerites, tournesols, vide, à l’exception d’une statue de saint Roch un peu perdue dans un espace sans doute destiné à recevoir quelque peinture jamais venue.

A l’extérieur des colonnes, on voit deux guirlandes, descendant d’une tête d’ange, composée de fleurs et se terminant par un cordon à pompon.

Tout ce retable est couronné par un fronton à deux volutes qui soutiennent un écu aux armes des Béron d’Oche, surmonté d’une couronne de fantaisie, évoquant une couronne comtale.

La statue de saint Roch de style populaire, en bois polychrome, est du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle. Endommagée par des insectes xylophages, elle fut restaurée en 2015.

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