Le Sanctuaire

Détails du Chœur de l’église de St Priest les Fougères

Le chœur est couvert lui aussi d’une voute en berceau brisé, dont nous avons vu plus haut qu’elle a été remontée au XIXe siècle lors des restaurations urgentes nécessitées par l’état alarmant de ce chœur. De forme rectangulaire, la longueur du chœur pourrait faire penser par sa profondeur, à la présence ici d’une communauté monastique, la paroisse ayant dépendu longtemps de l’abbaye de Charroux en Poitou. Les murs, à ce que laisse voir l’ébrasement des fenêtres, semble ici plus épais que dans la nef qui pourtant mesurent déjà un bon mètre.

C’est le mur du chevet qui, inévitablement attirera l’attention du visiteur : dans la maçonnerie se dessine un important arc, aujourd’hui obturé, en plein cintre, aux claveaux en partie réguliers, renforcé par un arc de décharge. Abside ou fenêtre ? la question peut se poser. dans le cas où cela aurait été une fenêtre, celle-ci aurait été considérable ; dans le cas d’une abside disparue, il aurait fallu imaginer un tel bouleversement dans l’architecture que cela aurait frisé l’invraisemblable, les traces de cette ouverture n’atteignent pas le niveau actuel du sol du chœur. La solution de ce problème n’était pourtant pas très loin de là : dans l’église de la commune voisine, Bussière-galant, dont le chevet comporte une très importante fenêtre, largement ébrasée, toujours ouverte, assez bien semblable à ce qui reste visible à St Priest. Mais les restaurations successives ont masqué l’existence à l’extérieur de cette fenêtre. Poursuivant cette visite, une niche se dessine, toujours dans le mur du chevet. Comblée, son décor évoque le XVe ou le XVIe siècle.

Le mur nord du chœur laisse voir la porte de la tour qui mène aux combles, dont l’arc en accolade le situe assez bien au XVIe siècle. Cette porte est surmontée d’une ouverture murée. Empruntant l’escalier à vis, le curieux intrépide va se trouver devant un petit mystère : il va parvenir à un palier et se trouver, non devant une ancienne fenêtre, mais bien une ancienne porte, qui donne aujourd’hui sur le vide ! La seule explication qui peut se trouver, c’est que la chaire à prêcher se trouvait en cet endroit dans le chœur, accrochée au mur et que pour y parvenir le prédicateur empruntait cet escalier.